23 juin 2025
Le cancer colorectal n'est plus associé uniquement aux personnes âgées depuis longtemps. Aujourd'hui, près d'un patient sur dix est âgé de moins de 50 ans, et si la tendance se poursuit, cette proportion passera à 15 à 20 % d'ici 2030. « Une évolution que nous observons partout dans le monde », confirme le docteur Luc Colemont, gastro-entérologue et fondateur de Stop Darmkanker. Plus inquiétant encore : chez les patients plus jeunes, le cancer n'est souvent découvert qu'une fois qu'il s'est déjà propagé.
Une étude internationale à grande échelle, publiée dans Nature, désigne un suspect notable : la colibactine, une substance toxique produite par certaines bactéries intestinales, telles que certaines souches d'E. coli. Cette substance peut endommager notre ADN, et ces dommages sont désormais effectivement retrouvés dans les tumeurs de patients plus jeunes. Le profil ADN laissé par la colibactine est particulièrement présent chez les personnes de moins de 40 ans.
En bref, ce que vous ingérez ou absorbez dans votre environnement au cours des premières années de votre vie peut provoquer un cancer des décennies plus tard. Les scientifiques soupçonnent en effet que l'exposition a lieu avant l'âge de dix ans.
Le fait que les jeunes soient plus exposés ne semble pas être une coïncidence. En Belgique, cette évolution est soulignée par le docteur Ines Joye (ZAS Anvers) : « Nous observons davantage de tumeurs du rectum et du côlon chez les personnes de moins de 50 ans, même si le nombre total de cas diminue grâce au dépistage chez les plus de 50 ans. » Le registre du cancer recense chaque année près de 500 nouveaux cas chez les 15-49 ans.
Les causes ? Outre les facteurs héréditaires, les recherches pointent vers des facteurs environnementaux tels que :
Aucun facteur n'explique tout, mais ensemble, ils dressent un tableau inquiétant.
Un dépistage précoce fait littéralement la différence entre la vie et la mort. Si le cancer colorectal est détecté à un stade précoce, le taux de survie à dix ans est de 80 à 90 %. Si le cancer s'est déjà propagé au moment du diagnostic, ce chiffre tombe à 15 % en moyenne. Ce dernier cas est particulièrement fréquent chez les patients jeunes.
En Flandre, les personnes âgées de 50 à 74 ans reçoivent gratuitement un test de dépistage du cancer colorectal. Ce test sauve des vies, mais un peu plus de la moitié seulement de la population cible y participe. C'est dommage, estime le docteur Colemont : « C'est un petit effort, mais l'impact est énorme. »
Vous n'avez pas encore 50 ans, mais vous avez des symptômes ou des inquiétudes ? Faites-vous dépister, surtout si vous avez des antécédents de cancer colorectal dans votre famille. Attendre d'avoir 50 ans n'est pas toujours une bonne idée.
Le cancer colorectal ne présente pas toujours des signes évidents, mais ces symptômes sont des signaux d'alarme :
Si plusieurs de ces symptômes apparaissent simultanément ou si vous avez des antécédents familiaux de cancer colorectal, n'hésitez pas à consulter votre médecin. Le dépistage est recommandé à partir de 50 ans, mais la prudence n'est jamais de trop.
Le cancer colorectal s'installe silencieusement, même chez les jeunes. C'est précisément ce qui le rend si dangereux. Ceux qui attendent l'apparition de symptômes évidents agissent souvent trop tard. Mais ceux qui restent vigilants et agissent à temps ont beaucoup plus de chances de s'en sortir. Le message est simple : prenez votre corps au sérieux, n'attendez pas votre anniversaire.
Source: Stop Darmkanker